La Révolution

Publié par Maurepas d'hier et d'aujourd'hui - 01 mai 2009

Qui pourrait mener mieux que le curé l’aventure révolutionnaire ? il est « le lettré » qui informe la population ! c’est lui qui annonce la convocation des Etats Généraux, il invite donc ses ouailles à rédiger le « cahier de doléances ». Concertant leur curé, mais prudents, 14 maurepasiens déclarent se reporter au « Cahier » de Pontchertrain, les vingt autres, bons paysans, se réservent. Une nouvelle toutefois donne grand espoir : les droits féodaux sont abolis : plus de charges féodales, plus de dîme ecclésiastique, le droit de chasser, d’avoir des colombiers, sans oublier, pour les plus aisés, le droit d’être propriétaire de leur terres ! Mais le roi refuse de signer cette abolition des privilèges. Le curé Daudrieux prend alors en main la révolution à Maurepas.

Le décret du 22 décembre 1789 engage notre curé a convoquer le 7 février 1790 les 35 citoyens actifs dans la nef de l’église ; ils élisent le curé au poste de Maire, un secrétaire, deux officiers publics et six autres chargés de surveiller la gestion du Maire. Energique, diplomate, prudent et intéressé, notre 1er Maire suit la nouvelle loi : il évalue la valeur de sa cure qui est vendu en tant que biens nationaux. Vivant désormais de la charité de ses ouailles et des subsides nationaux de sa charge, il reste le maître ! En 1790 et 91 des élections renouvellent par moitié le Conseil Général, afin de bien représenter les tendances des quatre vingt citoyens actifs de la commune. Le 23 janvier 1791, le curé Daudrieux doit prêter serment d’être à la Nation. Il sait que le Pape va désavouer cette action, mais c’est le moyen de maintenir le culte, … et de ne pas mourir de faim ! Désormais, il doit veiller à l’ordre public, prévenir le vol, créer la garde nationale.

Mais en ces temps mouvementés, le cumul de fonctions lui sera fatal. Il perd sa charge de Maire, au profit de Nicolas Légrier, mais prête une partie de son presbytère pour les séances du Conseil Général. Un 3ème Maire prend fonction, Alexis Crespin, le curé perd les clés du coffre fort, et en novembre 1793, sous la domination des Jacobins, il n’est plus réélu à son siège de notable.

« La Terreur » est déchaînée par l’Agent National Antoine Decourty, admis au Conseil Général en 1791, nommé secrétaire du 4ème Maire Nicolas Légrier, et qui par la fureur de son Jacobinisme, est nommé Procureur. Par cette charge, il contrôle tout le travail de la « maison commune » et du Maire. Il reprend le registre des Actes d’Etat Civil. Son enthousiasme jacobin lui fait dénoncer le comte de Cossé Brissac pour sévérité contre les braconniers, l’envoyant ainsi à la mort, et finit, en remerciements, par recevoir les pleins pouvoirs le
19 janvier 1794.

La mort du dernier seigneur de Maurepas :

Arrêté en août 1792, Cossé Brissac est emprisonné à Orléans. Début Septembre, il est ramené à Paris. Mais sur ordre de la Commune de Paris sollicitée par Danton, Ministre de la Justice, il est dirigé sur Versailles. Une bande d’assassins payés par Danton l’enferme derrière les grilles de l’Orangerie, ils l’injurie pour sa sévérité envers les braconniers, et son attachement au roi. Il est lardé de coups de sabre et de hache . Son cadavre est découpé et les morceaux partagés entre les meurtriers !

Né à Leuville, en pleine Beauce, de marchands aisés, il va à l’école ; à 12 ans, il apprend le métier de charron ; compagnon, il entreprend le tour de France, et se fixe à 25 ans à Maurepas. Suivant les évènements, il brigue au plus tôt un poste pour améliorer sa condition. Arriviste, il joue entièrement le jeu que la politique lui offre ; il est le premier vêtu en vrai révolutionnaire, parle avec mépris du citoyen curé …

Nommé Procureur, véritable dictateur, il tire au sort 5 hommes qu’il faut vêtir sur les deniers de la commune, réquisitionne animaux et grains pour approvisionner Paris, puis tous les porcs de plus de 3 mois, des choux, annonce aux citoyens paysans qu’ils devront livrer les 2/3 de leur récolte, et pour finir, saisi les objets sacrés, une des deux cloches, et finit par fermer l’église, obligeant le curé Daudrieux à fuir et à se cacher dans les environs.

La population est effrayée et affamée. L’inflation est plus que galopante !

La dictature du citoyen Décourty dura 16 mois ; 6 mois après le 9 thermidor tant était-il craint des maurepasiens !

Sous la Convention et le Directoire, de mai 1795 à novembre 1799, beaucoup d’espoir, pas de résultats réels, c’est l’anarchie complète. Toutefois, c’est le retour du citoyen Daudrieux nommé secrétaire du greffier ; réouverture de l’église. Il a la charge de désarmer les hommes de la Terreur,. En 1795, il est nommé Greffier, mais Maurepas, dans la nouvelle administration perd son autonomie, les mesures, généreuses mais contradictoires, totalement utopiques, sont prises à la Maison commune de Neauphle, au Canton. Coignières devient le Chef Lieu des institutions, école comprise. Mais il n’y a aucun moyens financiers, l’administration est impuissante, plus de maintien de l’ordre.