L’église Saint-Sauveur

SAINT SAUVEUR

Origine de l’église de Maurepas-village : une modeste chapelle .

Une petite église à la campagne……
En 768 Pépin le Bref fait la donation des terres de « Malrepast » à l’Abbaye d’Argenteuil.
Au Vlll ème siècle, le seigneur de Malrepas (Maurepas) s’installe sur une « motte féodale » (élévation de terre artificielle servant d’assise au premier château fort en bois).
Sur cette butte se met en place le système féodal, un château et une chapelle qui sont construits conjointement certainement en boispuis construite en meulières en même temps que le Donjon .
Cette construction fut édifiée dans la « baille » ou basse-cour : Eglise au châtelain et à la communauté villageoise.
Au XI ème siècle , le château de bois est remplacé par une construction de pierre : une tour de 20 m, soit le double de sa hauteur actuelle .Autour d’elle, en contrebas, un ensemble de petits bâtiments dont la chapelle, indépendante des autres constructions. Cette chapelle constitue le chœur roman de l’église actuelle où se trouve l’autel.


A cette époque existe le pilier dit « carolingien » orné de motifs végétaux.

A l’origine, ses murs sont couverts d’enduit peint de figures géométriques.

l’ entrée est à l’emplacement de l’actuel vitrail de l’Annonciation.
Pendant la guerre de cent ans, l’église subit de multiples abus (pillage ; incendie….)
Les villageois souffrent et meurent de faim.
En 1432 ; les Anglais prennent la maison forte. Le château est démantelé,l église reste ouverte à tous les vents. Alors, les paysans se servent des pierres de la forteresse pour construire leurs masures .la voute qui avait brulé sera recontruite .
Le porche couvert est appelé « caquetoire »

Elle est construite en pierres calcaires meulières jointoyées à chaux et à sable, à l’identique du donjon cylindrique.
Le tout était alors entouré d’une palissade et d’un pont-levis.
L’arc devant l’église actuelle marque sans doute la sortie principale de la palissade et l’emplacement du pont-levis.
Au 16ème siècle,on a de nombreux fidèles : d’un coté les femmes et de l’autre, les hommes.
Elle sera complétée ultérieurement par une nef de trois travées. Celle-ci, effondrée, est refaite au début du XVIème, plus cintrée et surbaissée.. Le sol est garni de carreaux de terre cuite .La sortie du fond de l’église est déplacée vers le côté, protégée par un porche, lieu de réunion de la communauté villageoise sous la protection de « Nostre-Dame » et « Saint-Sauveur ».
« En effet, dès le XIIIème siècle, les curés de la paroisse font état d’un double patronage : « Notre-Dame » et « Saint-Sauveur » La marque des seigneurs de la paroisse
Au XVIème siècle; Deux cloches: dont une est un don de la famille de Chevreuse et aussi des fonts baptismaux (en pierres calcaires peintes pour simuler le cuivre) blasonnés à leurs armes ,initialement situés près de l’entrée à droite, ils sont maintenant placés dans le baptistère face à l’entrée.
La cloche Marie

Marie de Rohan , duchesse de Chevreuse, commande en 1659 deux cloches de belle taille dont l’une, Marie, du nom de sa marraine, demeure encore aujourd’hui dans le clocher;l’une fut fondue à la Révolution.
Sans doute à cause de cet imposant parrainage, la cloche est richement ouvragée.
Dans la partie supérieure de la cloche une inscription sur 3 lignes permet de lire :
- IAY ESTE FONDUE EN L’AN 1659 ET FUS NOMMEE MARIE PAR TRES HAULTE ET TRES ILLUSTRE PRINCESSE MADAME
J’ai été fondue en l’an 1659 et fus nommée MARIE par très haute et très illustre princesse Madame
- MARIE DE ROHAN DUCHESSE DE CHEVREUSE CONTESSE DE CHAROLLOIS MA MAREINE ET PAR TRES HAULT ET TRES
Marie de Rohan, duchesse de Chevreuse, comtesse du Charolais, ma marraine et par très haut et très
- PUISSANT SEIGr Mre LOUIS CHARLES DALBERT DUC DE LUYNES PAIR DE FRANCE SON FILS MON PAREIN
puissant Seigneur Messire Louis Charles d’Albert, duc de Luyes, Pair de France, son fils, mon parrain
Au milieu de la cloche apparaissent 4 motifs en bas-relief

A l’avant, un écusson des armes de Maurepas

A l’arrière, une croix sur socle très ouvragée

Sur le côté droit, le soleil entourant le symbole JHS (ce qui veut dire: Jesus Hominum Salvator: Jésus Sauveur des Hommes) et en dessous de ce signe un personnage en vêtement de prêtre avec une couronne de roi et portant un sceptre en fleur de lys: le Christ: Prêtre, Prophète et Roi.

Sur le côté gauche, Vierge à l’enfant et petit écusson
En bas de la cloche se trouve une autre inscription
- IAY ESTE BENISTE PAR Mre OLIVIER VALLET PBre CURE DE MORPAS PIERRE BERTIN MARGre
J’ai été bénie par Messire Olivier Vallet PBre Curé de Maurepas, Pierre Bertin MARGre
Des paroissiens sont enterrés sous les dalles de l’église :Un privilège pour un chrétien. On ouvre cet avantage à tous les Maurepasiens qui en forment le vœu et acceptent de verser un don à l’église.
« Là au moins, pensent certains, on viendra nous voir plus facilement qu’au cimetière ».
Au 18ème siècle avec la famille Phélypeaux : seigneurs de Pontchartrain, le plan intérieur de l’église se modifie (plan de 1725 ) ,une nouvelle chapelle apparait (œuvre de frère Romain : Curé de Pontchartrain ) pour les fonts baptismaux, devenue aujourd’hui celle du Saint Sacrement.

Fonts baptismaux blasonnés aux armes de la famille de Chevreuse
Un autel latéral est ajouté, actuelle chapelle du Saint Sacrement.
La rupture : de la naissance de la commune à la fermeture de l’église (1789-1795)
Dons de Jean Fréderic Phélypeaux

Tableaux de Guesdon 1782 « Transfiguration »

Banc d’œuvre classé par les monuments historiques
Avec Louis Phélypeaux mes murs du chœur sont recouverts de boiseries de chêne (deux autels latéraux en bois, tabernacle incorporé au retable)

Tabernacle de l’ancien maitre d’autel « Louis de Phélypeaux »

Pendant la période révolutionnaire, l’église sert de lieu d’information puis d’élection.
Le curé de la paroisse, Daudrieu, devient le premier maire,
Le 1er septembre 1793, l’une des deux cloches est descendue et fondue pour fabriquer des canons, « la Patrie étant déclarée en danger ». Puis l’église est fermée au culte jusqu’en 1795.
19ème siècle Les vitraux
Médaillons : Saint Louis et Saint Nicolas


Vitraux aux dessins géométriques

SAINTE MADELEINE

SAINT ROCH
La mutation : de la petite église paroissiale à un lieu de culte en ville nouvelle (XIX ème XX ème siècles)
Les documents rédigés après la révolution française ne font plus état du double patronage en vigueur sous l’ancien régime, la paroisse n’étant plus, désormais, que sous la protection de « Saint-Sauveur ». La vie liturgique se poursuit avec quelques pratiquants.
Mais, la mise en place progressive de la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines, en 1969, rejaillit très vite sur Saint-Sauveur.
L’église n’étant plus aux normes de sécurité, la nécessité d’une restauration s’impose (1973- 1975). Solange Lecaron, artiste-peintre résidant alors au village, décide de dessiner plusieurs maquettes des vitraux situés clans l’église : une Annonciation, une Vierge à l’enfant (en haut) et un baptême du Christ (en bas dans le baptistère).

LA VIERGE ET L ENFANT

ANNONCIATION

Mais il faut construire un nouveau bâtiment pour accueillir les nouveaux paroissiens de Maurepas-ville.Construit sur le plateau, il reprend naturellement le patronage de « Notre-Dame », oublié depuis l’avènement du nouveau régime. La nouvelle église sera donc Notre-Dame de Maurepas
Saint-Sauveur, église du vieux village de Maurepas, reste un lieu vivant où la communauté catholique se retrouve pour prier. De nombreux mariages, baptêmes et funérailles y sont célébrés et la messe y est dite chaque dimanche.
A noter également la pierre tombale du XVIème siècle , une statue de la Vierge de l’Annonciation ou Vierge de l’Avent, copie d’une statue de l’époque classique XVIIème siècle, un Chemin de Croix, en gravures, d’origine italienne du début du XXème siècle….

la pierre tombale du XVIème siècle

Chemin de Croix, en gravures, d’origine italienne du début du XXème siècle….
D’après les documents de madame Marie-José Michel, professeur des universités.
